Saison 1 – #3 Dépasser ses peurs avec Yacine Challal, entrepreneur dans le bijou

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Pour ce troisième épisode, c’est le créateur entrepreneur Yacine Challal qui s’est prêté au jeu de notre interview à 2 voix. La tête dans les étoiles mais les pieds bien sur Terre il nous a montré comment sa détermination avait été sa force tout au long de son parcours pour mettre de côté l’autocensure et mener à bien ses projets.

Son histoire de coeur avec les bijoux, héritage familial, commence dans l’enfance, avec la boîte à bijoux en coquillages de sa maman. Elle reste suspendue quelques années, avant de reprendre vie à l’occasion d’un premier emploi étudiant comme vendeur d’une marque de bijouterie fantaisie allemande au Printemps Hausmann. « La passion réanimée » d’un coup il ne pense plus qu’à ça et nous dit « J’étais jeune et sans peur et j’ai cru que je pouvais aller loin avec ça ». Et comme personne ne l’arrête, il fonce. Et à 20 ans il se sent comme un conquérant. En 2005 avant l’explosion du e-commerce la consommation bat son plein, les grands magasins ne désemplissent pas, les perspectives sont prometteuses et il se voit confier la gestion du développement de la filiale française de l’entreprise. On lui fait confiance avec bienveillance et cela lui donne une motivation immense. « J’ai dû me mettre à la page, tout apprendre, faire semblant de tout savoir », jusqu’à apprendre l’allemand pour n’avoir plus aucun frein et être à la hauteur de la chance qui lui avait été donnée. De seul dans son appartement à une équipe de 120 personnes, atteignant une position de numéro 1 sur le marché français, il suit ainsi en 10 ans un vrai parcours d’entrepreneur, mais avec l’appui d’une structure, comme un filet.

9:40 Il nous raconte ensuite la genèse de son propre projet, CARRE Y. « Après cette success story qui n’était pas tout à fait la mienne, j’avais envie d’exister pour moi ». Il est alors conforté par ses résultats, son réseau et sa connaissance du marché. Et aussi son « sens du bijou » – l’envie de voir ce que les autres font « Je suis hyper curieux de la créativité des autres, elle me fascine », « je suis un vrai scanner à bijoux » – sur une personne dans la rue je me dis « ça c’est telle marque, de telle saison, de telle année, de telle collection… ».

12:40 Pour Yacine l’envie de réussir est une attitude, et c’est à son enfance en Seine-Saint-Denis et à son histoire familiale qu’il attribue « ce sens de la démerde » qu’il a toujours eu : « on vaut plus que de là d’où on vient, de là où on on pense vouloir nous faire aller. Alors oui forcément il est toujours tourné vers l’avenir : « le passé m’emmerde absolument »!

13:30 CARRE Y, le projet de sa vie, propose initialement dans les grands magasins un espace regroupant les bijoux d’une sélection de créateurs mais nous dit-il « le business a raison des utopies » et finalement, après tout, il finit par centrer son offre sur ses propres collections, à l’exception de quelques collaborations comme avec la marque HARPO.

Le packaging CARRE Y, inspiré de la fast food

16:24 Il nous parle plus concrètement de créativité. Et comme fondement à sa propre créativité de cette clé de l’entrepreneuriat : « Il y a un truc que j’ai éliminé depuis très très longtemps, c’est la peur ». « J’ai quelque chose à dire je veux réaliser quelque chose, j’y vais ». Chez CARRE Y il supervise de développement des bijoux de leur dessin à leur mise sur le marché dans un rythme de travail très intense. Et c’est cet acte créatif de mise au monde du bijou qui lui plait. « Un bijou une fois qu’il existe, il m’ennuie. J’en veux plus j’en veux plein. Pas de fidélité avec les bijoux! Ils sont à peine là que j’en veux d’autres. » « J’imagine la fille qui va les porter et après cela ne m’appartient plus. »

21:00 Il nous a donné sa définition du style : « l’adéquation de l’extérieur avec l’intérieur » – Pour cela il faut être à l’écoute de soi-même, se connaître, s’assumer, et ne pas avoir peur du regard de l’autre… jusqu’à oser la transgression ?

Pour créer à plusieurs, en équipe il faut selon lui définir un cadre tout en laissant de la place à l’autre. Mais selon lui « l’espace créatif n’est pas une démocratie » et à un moment il faut trancher, et savoir garder sa vision à soi.

Chez Yacine pas de rituel, la création trouve un peu de place à la fin de ses journées d’entrepreneur, mais s’épanouit mieux dans la déconnexion..

27:37 Dans les étoiles de Yacine on a parlé de superflu, de nudité, de chimère…

On a évoqué l’univers des bijoux pour homme dans lequel il croit beaucoup, de sa chevalière, de sa collection de bijoux victoriens…

On s’est demandé comment faire son marketing personnel quand on ne rentre pas dans les cases. Pour Yacine l’important c’est d’y mettre du coeur. « Je vends MES bijoux avec autant d’amour et de puissance que j’ai eu à les créer ».

Pour répondre à notre question rituelle, tel une pie attirée par tout ce qui scintille, il imagine simplement un constellation ronde et brillante…

Et ainsi, le regard résolument tourné vers l’avenir, libéré de ses peurs, le cap sur sa vision, Yacine file droit vers ses ambitions!

Ecriture, production & réalisation : Marylène Ricci et Hélène Marois

Montage : Titouan Dumesnil

Générique : « Liberate », Immersive Music